Visuel UT2025

L’Université de la terre est un rassemblement unique en Europe, de réflexions, de partage, de débats pour inspirer l’action, qui propose deux jours de découvertes et d’échanges, ouverts à tous, sur les grands défis à relever pour la planète, le vivant et la cohésion sociale. L’édition 2022 a réuni 10 000 personnes.

Les 14 et 15 mars 2025, l’Université a célébré ses 20 ans autour du thème NATURE=FUTUR en soulignant ce qui peut paraître une évidence : l’absolue nécessité d’une reconnexion de l’humanité à la nature, dont la survie dépend.

La Fondation Une Santé Durable pour Tous a coorganisé les 4 sessions autour de la santé  :

Se nourrir pour se guérir

Animée par Edwige Coupez, journaliste et modératrice, cette rencontre a réuni des experts de divers horizons: Sébastien ABIS , Chercheur associé à l’IRIS et Directeur Général Club Demeter; Anthony BERTHOU, Nutritionniste, spécialiste des enjeux systémiques de l’alimentation; Sabine BONNOT, Experte agriculture et alimentation, Présidente de Planet Score; Célia DUMAS, Directrice Experience et Solutions Patients Novo Nordisk France; Anne-Sophie JOLY, Présidente Fondatrice du Collectif National des Associations d’Obèses; Biliana LESIC, Docteure en microbiologie et fondatrice de M et Moi; Emilie LOWENBACH, Directrice RSE et Communication chez Ecotone, Présidente de la Fondation Ecotone.

 

Agir sur nos modes de production pour une meilleure santé du vivant

L’alimentation est au cœur des enjeux de santé publique, tant pour la prévention des maladies que pour l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé. Mais pour bien se nourrir, il faut aussi repenser nos modes de production. « Nous avons réalisé une campagne (« Tous exposés ») avec des ONG environnementales pour alerter sur les pesticides et les risques pour notre santé« , explique Emilie Lowenbach, Directrice RSE et Communication chez Ecotone. En effet, l’usage intensif des pesticides a un impact dramatique sur la biodiversité et la santé humaine : en 2023, 17 millions de Français ont bu une eau non conforme, et 73 % des échantillons alimentaires non bio contiennent des résidus de pesticides. Le label bio, qui interdit ces substances chimiques, ne représente encore que 6 % des dépenses alimentaires en France, contre 12 % au Danemark. Sabine Bonnot, présidente de Planet Score, souligne l’importance d’initiatives permettant d’évaluer l’impact environnemental et sanitaire des aliments, à l’image de Planet-score®, déjà adopté par 300 marques dans 12 pays.

Mieux se nourrir pour se guérir

« Il est essentiel d’adopter une approche globale intégrant trois piliers : nutritionnel, toxicologique et écologique« , affirme Anthony Berthou, nutritionniste. Aujourd’hui, les besoins nutritionnels font face aux problématiques environnementales. L’exemple des oméga-3 illustre bien cette complexité : ces acides gras sont indispensables à la santé, mais les poissons qui en contiennent, comme le saumon et le thon, sont souvent contaminés par des métaux lourds tels que le mercure. Il est donc préférable de consommer des poissons comme les sardines et les maquereaux, qui présentent moins de risques. Par ailleurs, le mode d’élevage a un impact direct sur la qualité nutritionnelle des produits : « Un élevage extensif est bénéfique pour les oméga-3, contrairement à un élevage intensif nourri au soja, qui favorise les oméga-6« , précise Berthou. Ces enjeux doivent être mieux expliqués aux consommateurs afin de les guider vers des choix plus sains. Les oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire bénéfique pour les intestins, contribuant ainsi à une meilleure santé globale.

De l’importance du microbiote

Notre santé dépend aussi d’un équilibre interne et externe. « Nous vivons en symbiose avec un écosystème complexe de bactéries et de virus qui nous aident à rester en bonne santé« , explique Biliana Lesic, docteure en microbiologie. Le microbiote intestinal, anciennement appelé flore intestinale, joue un rôle clé dans notre bien-être. 95 % de la sérotonine, neurotransmetteur du bien-être, y est produite, illustrant le lien direct entre alimentation et santé mentale. Le microbiote est toutefois fragile et peut être perturbé par une alimentation inadaptée, riche en aliments ultra-transformés.

Reconnaître des maladies du siècle comme l’obésité

L’obésité est une véritable épidémie, dont les chiffres sont alarmants : « Un tiers des jeunes sera obèse d’ici 2050« , prévient Anne-Sophie Joly, Présidente du Collectif National des Associations d’Obèses. Lundi 3 mars se tiendront les états généraux de l’obésité pour mieux prendre en compte cette maladie qui touche environ 10 millions de Français et est associée à 18 pathologies auxquelles s’est ajoutée la COVID-19. Pendant la crise du Covid, 40 % des décès concernaient des personnes obèses et 47% la réanimation, preuve de la vulnérabilité accrue qu’entraîne cette condition. Pourtant, l’obésité n’est pas encore reconnue comme une maladie à part entière en France. « Pourquoi met-on du sucre dans des boîtes de petits pois ? Il y a du sucre partout !« , dénonce Anne-Sophie Joly, qui souligne la nécessité d’une meilleure information et d’une plus grande bienveillance à l’égard des patients. En outre, les professionnels de santé ne sont pas suffisamment formés à la prise en charge de l’obésité, et les posologies médicamenteuses ne sont souvent pas adaptées aux personnes en situation de surpoids et d’obésité. Facteurs génétiques, sédentarité, habitudes alimentaires, traumatismes, pesticides et perturbateurs endocriniens sont autant de causes qu’il faut mieux prendre en compte pour agir efficacement contre ce fléau.  » Pour comprendre cette complexité, une fresque de la maladie obésité a d’ailleurs été créée par un collectif de 20 experts et soutenue par plus de 20 associations de patients » précise Célia Dumas.

Se nourrir pour se guérir suppose une approche systémique, intégrant production agricole, éducation alimentaire, prévention des maladies et prise en charge adaptée des pathologies chroniques. Il est temps de réconcilier l’alimentation avec la santé, pour le bien de chacun et celui de la planète, tout en conservant la notion de plaisir et la convivialité autour de l’alimentation, spécificité de la culture française.

 

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